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Source : Ligueur n° 11 - 15/03/06
«Bénédicte de Villers avait 20 ans lorsqu’en visitant une exposition, elle fut mordue au visage par un chien déjà coutumier du fait. "J’ai gardé ce traumatisme pendant dix ans parce qu’il n’avait pas été travaillé, regrette-t-elle aujourd’hui.
On a trop tendance à culpabiliser les victimes alors qu’elles nécessitent de la compréhension, voire un suivi psychologique qui ne se fait pourtant que dans 2% des cas…"Philosophe de formation, depuis toujours passionnée par la question de l’animalité, qu’elle choisira d’ailleurs comme sujet de thèse, c’est sans conteste cette volonté de travailler le côté plus pratique, en allant jusqu’à devenir monitrice en éducation canine, qui aura eu raison de ses angoisses. "Bénédicte a d’abord été ma cliente, avant de devenir ma femme, sourit Michel Koscielniak, éleveur de bouviers des Flandres depuis trente-et-un ans et éducateur canin, à l’origine de Canimôme. Tel Monsieur Jourdain, j’ai fait de la désensibilisation sans le savoir, et notre asbl est née, il y a bientôt deux ans". Au programme plus que chargé du couple, assisté d’une équipe de six moniteurs d’éducation canine et de deux psychologues psychothérapeutes: de la désensibilisation, mais aussi de la cynothérapie, des visites dans les écoles, des conférences, des séminaires… et des activités plus récréatives, celles-là même qui ont donné leur nom à l’association. Comme Raphaël, 15 ans, Julie, 7 ans et demi, ou Alexandre, 9 ans, ils sont nombreux à venir ainsi le mercredi ou le samedi après-midi passer du bon temps avec les chiens et les conduire de manière ludique. Avec pour objectif particulier de prévenir les risques de morsure tout en répondant aux envies des enfants d’entrer en interaction avec l’animal. [...]
Chien, et les idées reçues
Pour Michel Koscielniak, "le bouvier des Flandres est le seul chien gentil avec les enfants, dissuasif auprès des voleurs… et qui ne perd pas ses poils!" Les Canadiens le disent même "hypoallergénique". C’est d'ailleurs au Canada aussi que la cynothérapie a probablement vu le jour, avec pour objectif d'attribuer au chien un rôle de "lubrifiant social". "C’est l’une des missions de Canimôme, poursuit l’éleveur. Les chiens nous permettent de traiter des personnes de tous âges atteintes d’un handicap, de troubles de comportements ou de communication, d’ordre physique, social ou affectif, en ayant l’avantage de pouvoir entrer dans la maison. On n’imagine pas comme un simple échange de regards peut être fondateur et aider, par exemple, l’enfant qui ne parle presque pas à prendre de l’assurance". Et de conclure: "Le grand public reste très attaché à des idées telles que 'Un chien garde et protège' ou 'Un chien défend son maître par amour ou par instinct'. C’est tout à fait faux. C’est aussi une erreur d’offrir un chien comme cadeau à son enfant. Tout cela se fait au détriment de l’animal, avec les risques que cela comporte. De la même manière qu’on ne débourre pas un cheval sans être professionnel. Le cavalier débutant ne le montera que plus tard… Si, par la suite, l’enfant ne se montre pas intéressé par le chien qu’on lui a offert, on est tout de même parti pour douze ans de soins et d'attention!" Note : Plus d’infos: Canimôme asbl, rue du Préa 8, 1457 Tourinnes-Saint-Lambert. Tél.: 0473/59 44 72 - Site: www.canimome.be »
Géraldine Kamps